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Voyage à Berlin et Prague 2004 05


 

 

Lundi 03 mai

 

    Après avoir passé longtemps à obtenir un dossier météo complet, alors que Claude et Rémy sont déjà dans le TB9 dont le moteur tourne depuis quelques minutes, je m’installe en place pilote à huit heures cinquante cinq locales, nous sommes autorisés à rouler….puis maintenus au parking à cause des avions de chasse dont le bruyant et furieux ballet nous clouera au sol pendant quarante cinq minutes avant le vrai départ.

   Trajet sans histoire jusqu’à Auxerre ou nous atterrissons au bout d’un vol de 2h55. C’est là que le DR 400 d’Avranches, qui  a été retardé à cause du brouillard, nous rejoint. Ils sont deux à bord : Henri Mesguen et Philippe Brionne, avec qui nous faisons connaissance en terminant le déjeuner. Ensuite Rémy passe aux commandes du TB9 pour un vol vers Strasbourg au cours duquel je regarde défiler le patchwork colza jaune et blé vert depuis la place passager.

    Un taxi nous conduit tous les cinq au « première classe »  de Illkirch  Graffenstaden ou nous nous débarrassons rapidement des bagages avant de filer au centre ville pour y goûter une bière bien méritée en admirant la cathédrale. Il fait beau, nous flânons avant de nous laisser tenter par la choucroute locale…Dans le taxi du retour, nous refusons le « Strasbourg by night » proposé par le chauffeur : c’est du repos qu’il nous faut.

 

Mardi 04 mai

 

    Le chauffeur qui nous ramène à l’aéroport ne connaît que des blagues sur les accidents d’avion, du genre : depuis l’accident du mont Saint Odile les vols vers Strasbourg ont un équipage composé du pilote, d’un co-pilote et d’un …..garde-forestier ! Pas très malin.

    Cette fois-ci, c’est Claude qui pilote et moi le navigateur. Le décollage se fait à 9h55, l’Allemagne défile sous les ailes pendant que nous nous familiarisons avec la terminologie anglaise des contrôleurs de Langen. Curieux de voir ces nombreuses éoliennes tout le long de notre route jusqu’à Erfurt ou nous touchons les roues à midi. Les deux avions ont besoin d’essence et nous avons faim. Aussitôt estomacs et réservoirs rassasiés, le vol continue sans changement d’équipage vers Berlin. Paysage de plaine coupé par des « autobahns » dont la voie de droite est une file ininterrompue de camions, la voie du milieu occupée par des voitures et  la voie de gauche par quelques bolides que nous n’arrivons pas à suivre ! On dirait que le contrôleur de Berlin Templehof a enregistré l’ATIS  (air traffic information service) en rentrant de ribouldingue : il chante de façon humoristique, ce qui nous détend malgré quelques mots qui resteront non traduits…Après l’atterrissage, nous sommes surpris par le côté monumental de ce terminal d’aéroport, mais la bière est bonne. Les téléphones portables sont utilisés pour trouver ou loger, ce sera au Kurfürst hôtel en plein centre ville, mais cette fois-ci il faudra deux taxis pour nous y conduire. Pas d’embouteillage : les conducteurs sont aussi efficaces que les rues sont larges. La pension Kurfürst est dans un immeuble des années 1910 dont certains appartements sont privés, les chambres avec bureau et mini bar sont grandes et bien insonorisées,  le personnel semble choisi pour sa gentillesse et son efficacité, bref une bonne adresse.

    La fin de journée est occupée en se promenant à pied le long des boulevards décorés de vitrines de grandes marques avant de choisir une brasserie ou un pianiste noir joue des airs de chansons françaises.

 

Mercredi 05 mai

    Le lendemain, nous déménageons nos bagages à l’hôtel Heidelberg, à quelques rues du Kurfürst malheureusement complet, puis décidons de découvrir la ville en bus à impériale.

     Rémy et moi descendons d’abord au « Check point Charlie » maintenant occupé par le musée du « mur de la honte » que nous visitons. Après quoi Claude, qui s’est arrêté pour visiter le musée de la déportation, nous rejoint et nous dégustons des « turkish pizzas » dans l’ancien Berlin est. Le bus nous fera découvrir d’autres aspects de cette ville aérée ou le neuf se mêle à l’ancien. La porte de Brandebourg et le château de la Reine Charlotte seront l’occasion de faire quelques photos avant de rejoindre le Heidelberg à pied.

    En soirée, les deux équipages  choisissent un restaurant espagnol à quelques enjambées du Heidelberg. Les aviateurs partagent leurs impressions en sirotant des apéritifs, dégustant des escalopes et testant d’étranges desserts…

 

Jeudi 06 mai

 

   Si le Heidelberg n’a pas la classe du Kurfürst, on y dort très bien…C’est donc en pleine forme que le club des cinq rejoint en bus l’aérogare de Templehof. Il suffit de deux jours pour trouver un air familier au décor de Berlin qui paraît alors facile à vivre. Pas de scooters bruyants, les Berlinois aiment le calme, d’ailleurs la taxe d’atterrissage est plus forte pour les avions pas assez silencieux…

   Après une longue étude des prévisions météo, Loïc se retrouve en place pilote pour un décollage à 11h00 sous un ciel gris et bas. L’aide à la navigation de Claude est précieuse dans la zone de Dresde ou nous devons éviter des orages. Le plafond monte fort à propos pour le passage de la montagneuse frontière Germano-Tchèque, mais de l’autre côté nous trouvons de la pluie et des visibilités réduites. Il nous est demandé de faire quelques tours d’attente avant d’atterrir à Ruzyne, l’aéroport de Prague dont une des grandes pistes momentanément fermée occasionne quelques embouteillages. Posé à 13h00, nous échappons à l’insistance de notre « Handling agent » en déjeunant tardivement à l’aérogare « affaires ».

   Le minibus semble rallonger à loisir le trajet jusqu’à  l’hôtel Astra situé en périphérie est de la ville, mais proche du terminus de métro Skalka. En descendant à la station Mustek, on est tout de suite dans les vieux quartiers ou chaque détour de rue nous jette à la figure des décors de plus en plus baroques. Après un aller-retour sur le pont Charles, certainement un des plus beaux d’Europe, nous flânons dans les rues piétonnes jusqu’à la place de l’horloge ou la foule attend le ballet des automates. Rémy nous guide alors vers un restaurant à l’écart, le « Caffe italia », ou nous nous régalons de pâtes accompagnées d’un verre de vin.

 

Vendredi 07 mai

 

   Bien que la République Tchèque fasse maintenant partie de l’Europe, la monnaie est encore la couronne dont trente sont nécessaires pour faire un euro. En réglant la note de l’hôtel, je prends aussi les trois derniers tickets du métro qui nous fait traverser une dernière fois la ville d’est en ouest, de Skalka à Staromêstskà. Ensuite, tout le monde en bus jusqu’à l’aéroport distant d’une quinzaine de kilomètres. Claude souhaite avoir un entretien avec un prévisionniste météo qui ne sera pas possible d’obtenir au terminal grandes lignes, nous reprenons le bus pour le terminal affaires ou nos deux avions légers sont parqués près d’un somptueux bi-réacteurs. Après étude des prévisions météo, il faut se rendre à l’évidence : avec des vents de face de trente kilomètres à l’heure, des nuages bas qui risquent d’accrocher le relief, le retour en France ne s’annonce pas facile.

     Le décollage de Prague avec Rémy aux commandes à lieu à 12h3O, cap à l’ouest dans les turbulences ! La frontière Tchèque est dans les nuages, ce qui nous oblige à faire des changements de cap répétés si bien que nous apercevons bientôt le Zoulou Oscar parti pourtant avant nous et dont Philippe, le pilote, rencontre des difficultés supérieures aux nôtres : Les zig-zag qu’il à du faire pour ne pas rentrer dans les nuages lui font réaliser l’impossibilité d’atteindre Strasbourg et l’obligent à une escale ravitaillement imprévue en Allemagne. La contrôleuse de Langen lui apporte une aide précieuse en vérifiant par téléphone la disponibilité en carburant de différents terrains, ils se dérouteront finalement vers Heubach dans le Bade Wurtemberg.  Après le passage du relief, les conditions s’améliorent enfin pour un atterrissage à Strasbourg au bout d’un vol éprouvant de 4h05.

     Si les confortables fauteuils nous détendent, la machine à café est en panne ! Pendant que Riri et Fifi sont en route vers Strasbourg, nous refaisons le plein du Victor Hôtel et réussissons à joindre David au téléphone : Ce pilote Lorientais maintenant instructeur dans une école de pilotage de Nancy accepte de nous prendre en charge.

    C’est donc vers Nancy Essey que Claude met le cap, alors que l’autre équipage choisit de rejoindre Troyes, escale plus appropriée pour rejoindre Avranches.

    A Nancy, des têtes connues sont croisées avec plaisir dans les bâtiments de l’école que David nous fait visiter. Rémy s’attaque au pilotage avec un moteur en panne sur le simulateur de vol, il crashe le magnifique Piper Sénéca pour rire !

    Bière pour tous au centre ville, petit tour à pied sur la place Stanislas illuminée après avoir dîné dans la rue gourmande. David nous conduit dans sa Peugeot jusqu’au « première classe » d’Essey.

 

    Samedi 08 mai

 

     Apparemment, il a drôlement plu pendant la nuit, nous avons bien fait d’accepter l’offre de David d’abriter l’avion…la lecture des journaux est édifiante : la météo y est qualifiée de : « particulièrement exécrable ». Les prévisions aéronautiques récoltées auprès des spécialistes sont aussi consternantes mais plus précises : vent fort, pluie, basse température, plafond bas !

     Nous décollons de Nancy à 11h30, je suis aux commandes, cap vers le sud ou nous espérons trouver une meilleure météo. En route, nous obtenons de Reims info des données réactualisées sur Dijon. Juste avant de pénétrer dans la zone de Dijon, après avoir obtenu des infos sur  Chalons, Bourges et  Nevers, nous mettons cap vers l’ouest, observant une amélioration, malgré un dernier avertissement de la contrôleuse de Reims nous signalant une ligne de sévères turbulences sur notre route. Il est vrai que nous sommes secoués depuis le début du vol, alors un peu plus, un peu moins…Claude me guide pour éviter les hauteurs mais les  « montagnettes » du Morvan sont dans la crasse, nous passons dans quelques nuages et en ressortons jusqu’au moment ou la purée nous entoure définitivement….De plus, les sévères turbulences annoncées sont là : le TB9 rebondit brutalement dans l’air opaque, tout vole dans la cabine, Claude a le tibia écorché....Le demi-tour s’impose en vitesse, un temps interminable se passe avant que nous ne retrouvions le contact visuel avec le sol. Nous étions entre temps passé avec Paris info à qui nous annonçons notre intention de nous dérouter sur le terrain de Saulieu ou je pose l’avion à 12h30. Sur le parking du petit terrain, nous attendons pour sortir de la cabine que la pluie et le vent se calment un peu. Claude va aux nouvelles : elles ne sont pas bonnes, la cuve à essence est vide, pas moyen de refaire le plein avant quelques jours !

    Au bout d’une heure et demie dans l’habitacle exigu, nous obtenons des infos météo sur plusieurs jours et réussissons à avoir des nouvelles du Zoulou Oscar qui n’a pu décoller de Troyes…Il n’est pas envisageable de repartir en avion vers un proche terrain pour ravitailler car nous risquons d’être à nouveau bloqués. Affamés par les émotions nous tentons de vérifier que la renommée gastronomique du lieu n’est pas un mythe, mais il ne reste que des assiettes froides à l’heure ou nous sommes déposés devant l’Auberge du relais par la gardienne du terrain…

    Le chauffeur du taxi qui nous conduit  à Avallon en respectant scrupuleusement les limitations de vitesse est si particulièrement bavard que nous ne regrettons pas de quitter sa 607 pour prendre possession de la Clio diesel pas encore rodée que la caissière de Hertz n’hésite pas à confier à Rémy vers 17h30 : elle ne sait pas que celui-ci ne connaît que deux positions pour la pédale d’accélérateur : ralenti ou à fond ! Direction Paris par l’autoroute A6 que nous quittons à Milly la forêt pour emprunter un raccourci connu de Claude, puis l’autoroute A11 est pris à Ablis. En passant Chartres, la voiture est rodée, obligeant Rémy à essayer de nouvelles positions de l’accélérateur pour éviter de se faire flasher…si bien que nous sommes à Lann-Bihoué vers minuit.

    Claude retourne dès le lundi en voiture à Saulieu pour ramener l’avion. Le mardi 11, il doit faire une première escale à Bourges et une seconde à Angers pour attendre que la brume se dégage à Lorient qu’il rejoint en milieu d’après-midi.

 

     Plus tard…

 

     Une étude de la trace GPS de la portion Nancy-Saulieu montre que le trajet effectué en IMC (Vol aux instruments) à duré exactement sept minutes et qu’une partie du demi-tour survolait un point culminant à 684 mètres appelé Meix Billeau, ce qui permet de calculer la distance qui restait sous les roues de l’avion à ce moment là : seulement cent cinquante mètres, alors que les « sévères turbulences » nous transformaient en ludion affolé !

     Bien obligé de reconnaître que pour tout voyage en avion léger, même avec un équipage expérimenté et s’accordant parfaitement, c’est la météo qui impose sa loi et que cette fois ci la chance nous a encore sourit bien que nous l’ayons trop tentée…

    

 Images sur demande à :  loiclebail@wanadoo.fr

   

 Loïc

 
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